Alerte pollution dans le Rhône : qu’est-ce que les « particules fines » ?


On ne les voit (presque pas) mais elles font de gros dégâts : que sont les particules fines ?

Le niveau d’alerte aux particules fines a été atteint aujourd’hui 12 mars pour la quatrième journée consécutive, a indiqué la préfecture du Rhône dans un communiqué. Ces particules sont dites PM10 car leur diamètre est inférieur à 10 micromètres et peut pénétrer dans les bronches.

Les mesures d’urgence prévues en cas de dépassement des seuils ont été activées : baisse de 20 km/h sur les routes et recommandations de prudence pour les personnes vulnérables notamment.

D’où viennent les particules fines ?

Les particules fines sont présentes naturellement dans l’environnement : érosion provoquée par le vent, tempêtes ou éruptions volcaniques. Mais les activités humaines ont considérablement augmenté leur concentration atmosphérique.

Selon un rapport publié en avril 2013 par le Centre interprofessionnel technique d’études de la pollution atmosphérique (Citepa), les principaux secteurs responsables sont la transformation d’énergie par l’industrie (31 %) ; la combustion de bois pour chauffer les habitations (30 %) ; l’agriculture avec l’utilisation d’engrais (20 %) ; et les transports, du fait notamment de la combustion de diesel (15 %).  Dans certaines conditions, des gaz comme l’ammoniac, les oxydes d’azote ou les composés organiques volatils (COV) peuvent également se transformer en particules fines dans l’atmosphère.

Dans son communiqué du 12 mars, la Préfecture du Rhône évoque une origine agricole des particules fines actuellement présentes dans l’atmosphère au-dessus du Rhône.

Comme le montrent les relevés de l’Observatoire Air Rhône-Alpes, les concentrations de PM10 n’ont cessé d’augmenter depuis le 3 mars. Et cela devrait se poursuivre pendant au moins 48 heures.

Quels sont les risques ?

En octobre 2013, la pollution de l’air extérieur a été classée parmi les « cancérogènes certains » pour les humains par le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC), une agence de l’Organisation mondiale de la santé. Le chiffre de 42 000 morts en France, et de 386 000 en Europe, est régulièrement avancé par les hommes politiques et les médias, mais les données sur lesquelles il est fondé datent d’une quinzaine d’années.

Depuis janvier 2005, deux valeurs-limites sont applicables dans l’Union Européenne pour les PM10 :

  • une norme de 50 μg/m3 à ne pas dépasser sur 24 heures, et ne devant pas être dépassée plus de 35 jours par an ;
  • une concentration moyenne annuelle de 40 μg/m3 qu’on ne doit en aucun cas dépasser.

Les échéances de la directive s’étalent de 2014 à 2020. Début 2009, six mois après une lettre d’avertissement envoyée en juin 2008, la Commission a entamé une poursuite contre dix États-membres, dont la France, pour non-respect de la norme européenne de qualité de l’air sur les particules PM10.


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Cléo Schweyer

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