“Alors, tu trouves ?”


Julie Jerber est doctorante en biologie © Gwenaelle Rousset/Service communication/UCBL

Julie Jerber est doctorante au Centre de génétique et physiologie moléculaire et cellulaire de l’Université Claude Bernard Lyon 1. Elle se prépare à la recherche académique, entre réalisme et élans d’enthousiasme. 

Mes recherches portent sur des maladies génétiques orphelines (15 à 30 cas pour mille naissances) appelées ciliopathies. Elles sont dues à la malformation du cill, une organelle cellulaire connue depuis une quinzaine d’années. Son dysfonctionnement provoque des symptômes variés : inversion des organes, kystes rénaux… Pour ma thèse, je cherche à comprendre comment il se construit et fonctionne pour trouver des cibles thérapeutiques.

Ma thèse est financée par le prix Line Pomaret-Delalande de la Fondation pour la Recherche Médicale sur les maladies rares. C’est ma directrice de thèse, Bénédicte Durand, qui m’y a présentée. J’ai publié pour la première fois en septembre 2013 dans Human mollecular genetics. Avec l’équipe, nous avons identifié un gène associé au transport des composantes du cil et dont l’absence entraîne par exemple des kystes dans le rein. Nous avons cherché des patients présentant cette anomalie génétique : il n’y en a pas en France ! Une équipe allemande aurait trouvé les malades… C’est décevant mais cela révèle l’importance de nos travaux !

Une blague à laquelle on a souvent droit, c’est : “Alors, tu trouves ?” Bien sûr, et chercher me plaît autant que trouver ! Un chercheur a une obligation de résultat, on doit publier dans des journaux internationaux pour obtenir des financements. La relation thésarde-directrice est très importante dans ce processus, on échange beaucoup afin de faire les choix stratégiques.

Je soutiens ma thèse en mars 2014, j’aimerais faire mon post-doc aux États-Unis et me spécialiser ensuite dans les maladies qui affectent le cerveau. L’idéal à terme serait d’avoir ma propre équipe… J’ai de la chance, il y a tellement de gens qui n’aiment pas ce qu’ils font ! Mais parfois je me dis qu’il y a un malentendu entre les chercheurs et la société. En France notre recherche est meilleure que dans bien d’autres pays et elle mérite d’être défendue.

Photo : Gwenaelle Rousset


Un article de Cléo Schweyer


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