Appareil d’électrostimulation (XIXe siècle)


Pour donner vie à sa monstrueuse créature, le docteur Frankenstein aurait très bien pu utiliser un appareil tel que celui-là, inspiré par les travaux de Luigi Galvani sur l’ « électricité animale ».

Appareil d’électrostimulation (Photo : Eric Le Roux, Université Claude Bernard Lyon 1)L’appareil d’électrostimulation ci-contre est présenté au Musée d’Anatomie Testut Latarjet de l’Université Claude Bernard Lyon 1.

Il a fait longtemps le bonheur des charlatans de tout poil. Inspiré par la théorie de l’ « électricité animale » de Luigi Galvani, il était employé pour administrer à des patients crédules de petits chocs électriques, censés guérir toutes sortes de maux.

C’est à la fin du XVIIIe siècle que Luigi Galvani, physicien et médecin italien, observe pour la première fois les muscles d’une grenouille se contracter sous l’influence de l’électricité. Une série d’expériences l’amènera à élaborer sa théorie de l’ « électricité animale » : sécrétée par le cerveau, elle se déchargerait lorsque nerf et muscle sont reliés par les métaux.

Au XIXe siècle, le galvanisme se traduit notamment par la croyance qu’un cadavre peut revenir à la vie si une quantité suffisante d’électricité est injectée dans son cerveau.

Un autre physicien italien, Giovanni Aldini, fait ainsi des expériences en public sur des cadavres d’animaux ou de prisonniers fraîchement décapités, afin de démontrer que l’électricité appliquée sur la tête entraîne la contraction de certains muscles. La plus célèbre de ces expériences a lieu le 17 janvier 1803 devant le Royal College of Surgeons de Londres sur le corps du prisonnier George Foster (voir illustration ci-dessous). La romancière Mary Shelley s’en inspirera au moment de composer son célèbre Frankenstein ou le Prométhée Moderne (1818).

A galvanised corpse, US National Library of Medicine (1836)

On peut noter une relation persistante, au XIXe siècle et au début du XXe siècle, entre la prise au sérieux par la médecine de l’électricité et l’intérêt du grand public dans le développement des techniques médicales l’utilisant, en psychiatrie ou pour soigner les douleurs musculaires notamment. L’électrostimulation trouve encore aujourd’hui des applications tout-à-fait sérieuses, par exemple le renforcement musculaire dans le cadre d’un entraînement sportif. Bien loin, donc, de la science-fiction des débuts !

Photos : Eric Le Roux (Université Claude Bernard Lyon 1, service communication)

Pour aller plus loin
Le musée Testut Latarjet est le fruit de l’association séculaire d’une société savante et de l’Université. Il présente les collections d’anatomie et d’histoire naturelles médicales déposées et enrichies depuis 1854 par la Société Nationale de Médecine de Lyon fondée en 1789. C’est le seul musée français de cette catégorie ouvert librement à tous les publics. Il met en lumière un objet universel quoique mal connu : le corps humain.

Un article de Cléo Schweyer


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