Laurie-Anne Sapey-Triomphe, finaliste de l’Université de Lyon pour Ma Thèse en 180 secondes


Laurie-Anne Sapey-Triomphe
Laurie-Anne Sapey-Triomphe au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (DR)

Laurie-Anne Sapey-Triomphe, doctorante au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon a remporté la finale locale de l’Université de Lyon de « Ma thèse en 180 secondes ». Découvrez son portrait-robot, sa thèse en 6 questions et sa prestation.

Portrait-robot

Age : 26 ans

Champ disciplinaire : Biologie. Agrégée de Sciences et Vie de la Terre et de l’Univers, enseigne en Master 2 préparant à l’Agrégation et en M1 Recherche à l’ENS-Lyon. Actuellement en thèse de neurosciences cognitives.

Sujet : Inférence et apprentissage perceptifs dans l’autisme : une approche neurophysiologique et comportementale

Année : 2e année, dans l’équipe DYCOG (Dynamique cérébrale et cognition) d’Olivier Bertrand au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon (CRNL).

MT180 : pourquoi ? Avec ma directrice de thèse, Christina Schmitz du CRNL, nous cherchions un moyen original de sensibiliser à l’autisme, et en particulier au syndrome d’Asperger. L’une des premières idées était d’aller sensibiliser dans les écoles. L’idée de participer à MT180 est venue juste après, car je trouvais le format du concours très novateur et intéressant. L’impact a été immédiat : j’ai reçu une cinquantaine de mails dans les jours qui ont suivi la publication de ma présentation sur le site de Lyon Capitale !

Dans 5 ans, je suis… : enseignante-chercheur en neurosciences, après un petit post-doc à l’étranger (du moins, je l’espère !)

 

Ma thèse en 6 questions

Si ma thèse était un tweet de 140 caractères :

Si ma thèse était une personne, ce serait peut-être le premier patient autiste Asperger avec lequel j’ai passé une journée entière. Notre laboratoire est situé au sein du Centre hospitalier du Vinatier, et les personnes qui participent à nos recherches nous sont envoyées par le Centre de Ressource Autisme Rhône-Alpes, juste à côté. J’ai été très marquée par cette personne car  j’ai pu partager son point de vue et son vécu, par exemple son hypersensibilité à différentes stimulations,  qui peuvent être très éprouvantes pour les personnes autistes. C’était un homme brillant, ayant fait un doctorat mais qui ne réussissait pas à trouver de travail car les situations sociales comme un entretien d’embauche étaient trop difficiles à appréhender pour lui. Nous continuons d’ailleurs à correspondre régulièrement.

Si c’était une personne de fiction, je citerais par exemple Sheldon Cooper de la série Big Bang Theory mais ce personnage est assez caricatural ! Je pense également à l’écrivain britannique Daniel Tammet, qui a écrit Je suis né un jour bleu. J’avais lu son livre qui m’avait touché, et c’était le premier témoignage que je recevais sur le Syndrome d’Asperger. Comme pour beaucoup de personnes avec ce syndrome, je trouve qu’il a une grande clairvoyance sur lui-même.

Si ma thèse était un objet, ce serait l’appareil d’IRM (Imagerie par résonance magnétique) que j’utilise pour ma recherche. L’IRM est située au CERMEP, un centre de ressources techniques en imagerie de très haut niveau.

Si ma thèse était un souvenir, ce serait l’une des premières conférences grand public que j’ai donnée sur les recherches que je mène pour ma thèse. C’était en mars 2015 et j’avais invité tous les patients ayant participé  à mes expériences. C’était l’occasion de leur donner des explications détaillées sur le travail que l’on fait avec eux. A la fin de la conférence, j’ai eu des discussions touchantes avec beaucoup de ces personnes. J’ai notamment rencontré « en vrai » une jeune fille de dix-sept ans avec syndrome d’Asperger, avec qui je correspondais par mail depuis un an. Beaucoup de personnes avec syndrome d’Asperger aimeraient que le regard qu’on porte sur eux soit de l’ordre de l’acceptation de la différence plutôt que de l’ordre du handicap.

Si ma thèse avait un superpouvoir, je lui demanderais de faire en sorte de mieux intégrer les personnes avec autisme, et de rendre leur environnement plus facile à appréhender. On ne réalise pas à quel point l’environnement est dur pour eux !

 

Revoir la prestation du 29 avril 2015 à l’Université de Lyon


Un article de Cléo Schweyer


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