Nutrition: 4 idées reçues


Pesée
© Eric Le Roux, Université Claude Bernard Lyon 1

La professeure Martine Laville est présidente et cofondatrice du CENS (Centre européen pour la nutrition et la santé). Elle réagit ici à quelques idées reçues.

Il y  une spécificité française en matière de nutrition

VRAI – Les Français ont une approche assez singulière de la nutrition : nous privilégions la convivialité, la qualité des aliments, la régularité des horaires… Nous sommes ainsi parmi les champions européens de la pause déjeuner. Et il semblerait que ce mode de vie freine l’épidémie d’obésité. Nous pourrions donc axer la prévention sur le plaisir plutôt que sur des injonctions négatives. L’Université Lyon 1 est bien placée pour défendre cette autre vision de la nutrition au niveau international.

Être mince, c’est génétique

PLUTÔT FAUX – Il y a bien un terrain génétique de susceptibilité individuelle, mais son expression dépend de l’environnement. On sait par exemple qu’une mutation du gène du récepteur MC4-R est impliquée dans le contrôle de l’appétit. Mais on remarque qu’au sein d’une même famille, certains individus seulement en sont porteurs… et ce ne sont pas forcément les plus gros ! La nutrition intervient également dans les phénomènes épigénétiques.

La nourriture industrielle est responsable de l’épidémie d’obésité 

PLUTÔT VRAI – Certes, les industriels ne proposent pas tous des produits recommandables à consommation quotidienne. Mais ils ont conscience de leurs responsabilités et cherchent à améliorer leurs produits, en particulier dans le cadre des Chartes d’engagements volontaires de qualité nutritionnelle lancée par le ministre Xavier Bertrand. La qualité alimentaire est d’ailleurs l’un des axes de travail de CENS, qui dispose d’un savoir-faire très pointu sur le métabolisme du glucose. Notre rôle est d’évaluer les qualités  nutritionnelles de nouveaux produits qui pourraient être mis sur le marché.

Les personnes obèses aiment trop manger

PLUTÔT FAUX – Les personnes obèses ont souvent perdu le plaisir alimentaire : il faut mener avec elles un travail de fond pour réapprendre la lenteur, la dégustation… Par ailleurs, la sédentarité est autant en cause que les habitudes alimentaires. La bonne nouvelle, c’est que les gens consultent plus !

Pour aller plus loin
Né en 2012, le Centre européen pour la nutrition et la santé (CENS) a vocation à coordonner les acteurs du monde de la recherche, de la clinique, et les industriels intéressés par la nutrition.

Objectifs : apporter des réponses scientifiques aux enjeux de santé liés à la nutrition et accélérer les transferts de la recherche fondamentale vers la clinique et l’industrie. Il réunit le Centre de recherche en nutrition humaine Rhône Alpes (CRNH), le laboratoire Inserm/Université Claude Bernard Lyon 1 CarMen, le centre de recherche de l’Institut Paul Bocuse, la Fondation Bullukian, l’Institut Mérieux, Nutrisens, Roquette et le Groupe SEB.

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Un article de Cléo Schweyer


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