La découverte des ondes gravitationnelles, c’est super… non ? Notre chroniqueur répond.

Cette chronique a été diffusée dans notre émission consacrée aux ondes gravitationnelles du 16 mars 2016

 

L’art nécessite généralement un problème. Comme a pu le dire, pour le théâtre, Michel Vinaver : « Pour que le théâtre advienne, il faut qu’il y ait quelque chose qui ne va pas. »

Cette fois-ci aucun problème en perspective. Les ondes gravitationnelles ne mangent pas de pain. J’ai eu beau chercher, je n’ai rien trouvé à y redire. Voilà une découverte, disons-le tout net, qui fait de mal à personne… au contraire !

Voilà des ondes qui, jusqu’à nouvel ordre, ne risquent de pas de nous filer des maladies, de projeter notre monde dans un univers parallèle à grand coup de majestueuse déflagration ou alors de coller des boutons à nos sympathiques holothuries des abysses dont nous parlerons plus loin. C’est de la science de la nature pur jus, de celle qui découvre le monde mais ne le manipule pas (encore). Peut-être que la différence entre science et technoscience se situe justement ici. La première rend compte du monde (en cela rien de bien problématique, sinon peut-être des problèmes idéologiques), l’autre manipule le monde par les connaissances sur le monde et parfois… c’est moche !

Alors j’ai flâné et suivi les conseils de mon ami et talentueux chroniqueur Alexandre Pillot, j’ai médité…médité autant que j’ai pu. Et, à l’instar de notre Bruno Lochet national, je me suis dit quand même ces gens-là « C’est quand même des p’tits gars qui n’en veulent ».

Imaginez, Albert Einstein prédit le phénomène en 1916, en 1975, avec la découverte du pulsar binaire PSR B1913+16. Russell A. Hulse et Joseph H. Taylor, en mesurant l’évolution de sa période orbitale, ont mis en évidence une courbe de décroissance de cette période correspondant précisément à ce que prévoit la relativité générale en considérant que ce système perd son énergie par émission gravitationnelle. Ce premier indice, indirect, en faveur de l’existence des ondes gravitationnelles valut aux deux chercheurs américains le prix Nobel de physique en 1993. Merci Wi-ki-pé-dia. Et enfin arrive 2016 !

Alors je dis bravo à tous ces gens du LIGO du VIRGO et à tous ces joueurs de GO… GO pour Gravitational Ondulation of course. Pour cette patience et cette foi sans faille en ce petit chevelu hirsute et sa théorie, sans faille spatio-temporelle s’entend…  Ah, ces gars du GO !!!!

Ce constat d’abnégation ainsi fait, je me retrouvais fort dépourvu quand l’inspiration eût expirée.  Je repris les conseils avisés et reconnus de mon ami que l’on nomme plus tant ces conseils sont avisés et reconnus, j’ai médité. Contrarié, par l’absentéisme chronique de mon inspiration je me surpris à méditer à ma façon même de méditer et m’aperçut sans coup férir qu’en somme je ne méditais pas totalement, je réfléchissais aussi.  Il n’y a pas de doute à avoir, je méditais à moitié, je réfléchissais à moitié… bon sang mais c’est bien sûr… les miroirs semi réfléchissants… quel sujet !!

Je retournais par la force de mes pérégrinations spirituelles au sujet qui nous occupe. Je vous livre le fruit de mes « demi-méditations » au sujet des « demi-réflexion ». Je voudrais mettre l’accent sur deux conséquences insoupçonnées de cette invention lyonnaise qui culmine dans le cœur de ces derniers aux côtés de Guignol et de la cervelle de canut, c’est dire !

Sans détour, votre découverte, si elle avait eu lieu plus tôt, aurait pu éviter un grand malheur ! Miroir mon beau miroir… cela vous dit quelque chose… !

Si la reine Grimhilde, doux prénom de labelle maman de Blanche-neige, avait eu à sa disposition ce merveilleux objet qu’est un miroir semi-réfléchissant, les choses ne se seraient pas passées comme elles se sont passées. A la question fatidique : « Miroir mon beau miroir suis-je toujours la plus belle ? » mon beau miroir semi-réfléchissant lui aurait répondu quelque chose comme ça : « Ma reine, je n’sais pas trop en fait…disons p’tet ben qu’oui, p’tet ben qu’non !  » Le doute eût profité à Blanche-Neige.  Certes pas de prince à la clé, mais elle aurait pu se la couler douce au château et échapper à la mélopée criarde des petits oiseaux tous bleus de la forêt, des lapins aux yeux exorbités mais surtout échapper à cette cohorte malodorante de nains stakhanovistes. Voilà messieurs, soyez en sûrs, vous auriez pu changer le destin de Blanche-Neige… mais dans tous les cas, vous avez inventé le miroir normand !

Poursuivons, et ici c’est votre désintéressement et votre abnégation que je tiens à souligner. Connaissez-vous la proportion de personnes superstitieuses dans le monde ? Elle est sans doute énorme. Imaginez le business ! Depuis l’origine des miroirs, en casser un, vous coûte sept ans de malheur, avec le vôtre plus que trois ans et demi.  Vous auriez pu devenir immensément riche. Mais la passion pour votre ouvrage a tenu bon devant les sirènes du commerces… félicitations.

Requinquer par tout cela, je sentais mes idées rebondir gaillardement de neurones en neurones comme les photons de miroir en miroir. Des neurones aux miroirs il n’y a qu’un pas tout le monde le sait, et je le franchis sans hésiter. En effet, un étonnant phénomène sollicitant abondamment mes neurones-miroir s’est produit ce fameux 11 février 2016 :

Le 11 février, n’ayant pas ou peu entendu parlé de GO, je tombais sur les innombrables conférences et discussions données par des professionnel, des amateurs tous animés par une gaieté non dissimulée. Et là ! stupéfait ! je constate au fil des visionnages divers et variés, la joie, l’effervescence, naître et croître au sein de la communauté des physiciennes et des physiciens. On voyait ostensiblement au fur et à mesure des débats, les corps se rapprocher, l’ambiance se surchauffer, en somme poindre le désir.

On sentait émaner de cette folle ambiance d’autres ondes que j’ai tôt fait d’appeler (je m’excuse par avance de ce jeu de mot assez mauvais et gaulois) ondes GRAVIDATIONNELLE avec un D, ondes vous assurant dans une vingtaine d’année l’arrivée d’une jeune relève de physiciennes et physiciens fraiche et rigolarde.

Ainsi, sans vraiment m’en rendre compte, je sentais également perler sur mon front les gouttes de ce désir que vous viviez. Je lorgne non sans concupiscence du côté de ma voisine qui à ce moment, affairée à ses projets d’articles, regardait un reportage décrivant l’influence de l’holothurie des abysses sur l’encéphalite spongiformes de la vache, je remarquais de suite à son regard absorbé par ce fabuleuse animal (l’holothurie pas la vache) qu’il fallait que je passe mon chemin. Rasséréné, je me replongeai dans mes réflexions gravitationnelles. Je comprenais qu’à ce moment il s’était passé quelques choses d’important, mes neurones miroirs m’avait joué le tour de l’empathie. Je comprenais que j’avais ri parce que vous aviez ri, j’ai été joyeux parce que vous l’aviez été, j’ai senti le désir monter parce ce que le vôtre montait, mais en aucun cas parce j’avais compris quoi que soit à ce que vous aviez dit… bref j’ai éprouvé tout cela mais sans savoir pourquoi.

Bizarre… de quoi aurais-je dû être joyeux, que s’est-il passé dans l’esprit d’un physicien à ce moment-là ? Tout cela est très mystérieux !

 

 

Cléo Schweyer

Un article de : ,

Laborantine en chef

,
Posez lui vos questions & vos commentaires...


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *