Musique dans le noir, installation vidéo-sonore interactive de Jean-Robert Sedano et Solveig de Ory

Utiliser la musique pour augmenter les performances cognitives, ça sera peut-être notre quotidien demain.

Qui n’a jamais mis la musique à fond pour se redonner du courage pendant un long trajet en voiture ? Ce geste anodin pourrait, grâce à Barbara Tillmann et ses équipes, ouvrir des perspectives pour la réhabilitation.

La musique peut augmenter la réponse cérébrale des personnes dans le coma, mais aussi les performances des enfants souffrant de troubles du langage !

Originaire de Mayence, Barbara Tillmann est venue en France pour un séjour Erasmus en licence, et  ne l’a quittée que le temps d’un post-doctorat aux États-Unis.

Un peu musicienne“, elle a été intriguée par la thématique encore neuve qui s’intéresse aux relations entre musique et cerveau.

En travaillant avec Emmanuel Bigand (Université de Bourgogne, chercheur éditeur du Cerveau Mélomane, NDLR), j’ai découvert qu’on peut étudier le cerveau avec la musique comme matériel
auditif non-verbal, et cela m’a fascinée !” Ses travaux lui vaudront en 2016 une Médaille d’argent du CNRS.

  • La musique comme stimulant pour le cerveau dans le coma

Responsable de l’équipe Cognition auditive et psychoacoustique au Centre de Recherche en Neurosciences de Lyon, Barbara Tillmann explore le lien entre musique et langage dans les processus d’attention, et l’utilisation de la musique pour stimuler les réponses sensorielles, cognitives ou motrices.

Avec Fabien Perrin, enseignant-chercheur à l’Université Lyon 1, elle teste ainsi la musique comme stimulant pour le cerveau de personnes plongées dans le coma.

  • Une musique liée à l’histoire de la personne intensifie sa réaction

Un cerveau bien-portant émet une onde cérébrale dite P300 au moment où il reconnaît un signal familier et signifiant, comme son propre prénom.

En présentant d’abord une musique choisie par l’entourage, les ondes cérébrales de réaction au prénom sont intensifiées ou même émergent chez des patients non-réactifs auparavant. Une observation encourageante, qu’il faut approfondir : “En appui de la recherche clinique, nous devons faire de la recherche fondamentale pour mieux comprendre les corrélats neuronaux impliqués“, souligne Barbara Tillmann.

  • Écouter de la musique pour travailler le langage

Après avoir écouté une musique très régulière, des enfants présentant des troubles du langage ont un meilleur score à un exercice où l’on doit déterminer si une phrase est grammaticalement correcte :

L’attention se développe par cycles, en s’appuyant sur des régularités temporelles. De cette manière, le cerveau anticipe et traite les informations de manière plus efficace.

En collaboration avec des équipes de Montpellier et Marseille et le laboratoire Dynamique du Langage à Lyon, Barbara Tillmann va explorer ces prochaines années le potentiel thérapeutique du lien entre langage et traitement temporel chez des enfants “dys” et malentendants. Des effets positifs observés aussi chez des enfants typiques.

Vous ne choisirez plus vos musiques d’ambiance de la même manière !

Pour aller plus loin:

Testez votre oreille musicale sur le site du labo de Barbara Tillmann !

Cet article a été publié dans le numéro 33 du magazine CLUB

Article réalisé avec


Cléo Schweyer

Un article de : , Laborantine en chef,
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