Pas exclu… mais compliqué.

Vous avez sûrement entendu parler de la théorie du Big-Bang, qui décrit comment l’Univers est « né » d’un amas de matière très dense et très chaud il y a environ 13,7 milliards d’années. Une dilatation progressive, comme un ballon qu’on gonfle.

Mais avant ? Qu’est-ce qu’il y avait avant le Big-Bang ?

Est-il possible que l’Univers soit né de « rien » ?

« Ce n’est pas exclu, mais c’est (très) (très) compliqué de répondre à cette question », prévient Johan Richard, astrophysicien.

  • Une question au-delà de la physique

« C’est une question qui se heurte aux limites de nos connaissances », souligne le chercheur. « Elle nous emmène clairement au-delà de la physique, même si différents modèles existent à l’heure actuelle. »

Il est possible que l’Univers soit né à partir de rien, c’est-à-dire à partir du vide.

La théorie quantique permet qu’une fluctuation quantique du vide soit à l’origine de l’apparition de particules. Dans l’électrodynamique quantique, l’énergie qui est contenue dans l’Univers produit de la matière.

Mais on est loin de pouvoir se contenter de cette réponse.

  • Mur de photons et mur de Planck

Concernant la naissance de l’Univers, l’astrophysique a deux murs à franchir :

  • le mur de photons: on l’appelle fonds diffus cosmologique et c’est en quelque sorte de la lumière fossile. C’est la première lumière émise, environ 380 000 ans après le Big-Bang, à une époque où l’Univers était plus petit, dense et chaud. C’est aussi la plus vieille image qu’on ait de l’Univers… Au-delà des photons que nous envoie le fonds diffus cosmologique, on a donc aucune information visuelle sur l’Univers ;

 

  • le mur de Planck: c’est la limite au-delà de laquelle les sciences qui étudient l’Univers n’ont plus rien à dire. On le situe à 10-43 secondes après le début de l’expansion. Entre le temps 0 (début de l’expansion) et ce temps approximatif de 10-43 secondes, on a une période très brève pendant laquelle personne ne sait ce qu’il s’est passé : l’Ère de Planck.

Mais… dire ça comme ça est un peu absurde, puisqu’on parle d’une époque où les lois de la physique et même la notion de temps ne fonctionnaient pas comme on les connait aujourd’hui.

  • Univers cherche modèle(s)

« Quand on a un modèle, on sait dans quel cadre il s’applique. Mais dans ce cadre-là, on n’a pas de modèle qui fonctionne », résume Johan Richard.

Pourquoi ?

À ses débuts, l’Univers était extrêmement dense : le modèle approprié est a priori celui de la relativité générale.

Mais à ses débuts, l’Univers était aussi extrêmement petit : 10-33 centimètres, plus petit qu’une particule. Le modèle adapté serait alors plutôt la mécanique quantique.

Et une combinaison des deux ?

« La relativité générale et la mécanique quantique ne fonctionnent pas du tout ensemble. Il faudrait une autre physique, unifiée, et c’est ça que tout le monde cherche ! »

En attendant que la théorie des cordes, la théorie des univers parallèles ou la cosmologie branaire proposent (peut-être) une description satisfaisante de la naissance de l’Univers, cette inconnue ultime continuera de fasciner les poètes… et les autres !

Article réalisé avec


Cléo Schweyer

Un article de : , Laborantine en chef,
Posez lui vos questions & vos commentaires...


  • Toutes les religions de l’antiquité commencent leur cosmogonie par l’histoire du chaos, état qui précède, dans l’Univers, toute organisation de la matière. Manou dit : « Ce monde était dissout dans le non-être, imperceptible, sans propriété distinctes, ne pouvant tomber sous les sens, ni être imaginé par la pensée. C’était le sommeil de la Nature. »
    Cette conception du chaos primitif se rapporte à l’état nébulaire de notre planète. Les cosmogonies anciennes ne voulaient, évidemment, désigner par le mot « chaos », que l’état antérieur à l’organisation de la matière planétaire, l’état primitif des matériaux terrestres, soit lorsqu’ils se trouvaient dissociés comme ceux d’une nébuleuse, soit lorsqu’ils commençaient déjà à se réunir en une masse solide formant ainsi un noyau inorganique encore impropre à la vie.
    Si nous appliquions le mot « chaos » à la matière cosmique universelle, nous tomberions dans une erreur de principe, nous supposerions que l’Univers a eu un commencement, ce qui impliquerait une fin, car ce qui a commencé doit finir ; supposer un commencement et une fin à l’Univers, c’est supposer un commencement et une fin à la matière, un commencement et une fin à la force, ce qui serait absurde.
    Ce qui commence, ce sont les astres, puisqu’ils naissent et meurent ; mais l’Univers, au sein duquel ils évoluent est éternel.
    Lien : https://livresdefemmeslivresdeverites.blogspot.com/2017/07/la-force.html
    Cordialement.

  • L’univers est forcément pulsatile , car de rien on ne crée rien . Il n’a jamais eu de début , et il ne fait qu’expansion et contraction éternellement. Vue Bouddhiste. L’animal le plus évolué “L’homme” l’auto destructeur , sur la terre . Il y a forcément d’autres planètes ou la vie à pris naissance , parmi l’infinité de systèmes solaires.

  • Comment Tout pourrait-il venir de rien?!!! C’est absurde! Sans omettre que Rien est déjà quelque-chose, à échelle mentale humaine. nb) Je m’étonnerai toujours de l’existence d’astrophysiciens athées. Il semble tout de même que, face au vertige de l’infini, ils soient peu nombreux. Dieu merci!

  • Article problematique : “Il est possible que l’Univers soit né à partir de rien, c’est-à-dire à partir du vide [quantique].”
    Mais le vide quantique c’est deja quelque chose, donc pas rien… Si vous faites reference au bouquin de Lawrence Krauss “A Universe from Nothing”, il s’agit d’un produit marketing pour promouvoir sa conjecture (qui n’est pas une hypothese car non falsifiable, et encore moins une theorie car non testee cf. Karl Popper)
    Pour citer Bergson “l’idée du néant absolu, entendu au sens d’une abolition de tout, est une idée destructive d’elle-même”

    Si le cosmos (cad l’ensemble des univers) est effectivement engendre a partir de rien, serait-il possible de decrire cette transition ?
    Dans l’etat actuel des choses, notre description du monde physique est basee sur les mathematiques qui est un systeme logique. Or tout systeme logique pris dans sa globalite est une tautologie : on decrit uniquement des equivalence par le biais de transitions. Donc on ne peut decrire une existence que par le biais d’une pre-existence, le rien/le neant nous est inaccessible dans l’etat actuel de nos systemes de representation.

    2 exemples mathematiques:
    _ les théorèmes d’incomplétude de Gödel “une théorie cohérente ne démontre pas sa propre cohérence”
    _ les structures algebriques (par ex. Lie en theorie quantique des champs) les plus simples necessitent au moins une loi de composition interne (cf. magmas)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *