Colère CC Knut Roberto Ås

Pour vivre heureux, vivons rageux ?

Si vous avez vu le film Vice-Versa, vous pensez sûrement que laisser Colère diriger seule vos émotions n’est pas une bonne idée… Eh bien ce n’est pas tout à fait vrai ! En effet, plusieurs études ont montré que la colère est bonne pour la santé, du moins à petites doses (le secret, comme pour tout, c’est l’absence d’excès).

Maîtriser vs contenir ses émotions

N’en déplaise aux tenants de la pensée positive, s’énerver de temps en temps, en plus de détendre sur le moment, peut améliorer votre qualité de vie, aussi bien dans votre corps que dans votre tête ! Les émotions ont en effet un rôle, une utilité : par exemple, la peur vous permet de vous surpasser face au danger. Cette amélioration de vos capacités est due, entre autres choses, à des interactions complexes entre différents éléments et leurs récepteurs dans votre corps. L’adrénaline,  qui est une hormone (c’est-à-dire un messager de l’organisme) augmente le rythme cardiaque, améliore notre capacité respiratoire et nos réflexes et mobilise nos sens.

Sigmund Freud, le père de la psychanalise, appelaient répresseurs les gens qui contiennent leur colère. Ils vont chercher à ignorer et dissimuler leurs émotions pour laisser croire qu’ils contrôlent la situation. C’est mauvais pour la sérénité de l’esprit, mais aussi pour la santé ! Une étude américaine de 2009 menée sur 201 personnes aux États-Unis a montré qu’en cas de stress anxieux ou colérique, la tension artérielle est plus élevée chez les gens qui expriment le moins leurs émotions, ce qui augmente le risque de développer une hypertension artérielle !

Réprimer ses émotions, ça fait mal

Une étude de 2010 par la même équipe a opposé 47 personnes divisées en deux nouveaux groupes d’individus, des répresseurs et des non-répresseurs. En les soumettant à un discours susceptible de les mettre en colère puis en appliquant le test du « presseur froid » (main trempée dans de l’eau glacée pour une minute environ), il a été constaté que les répresseurs sentaient une douleur plus importante, et il a été prouvé statistiquement que retenir sa colère augmentait la sensibilité des récepteurs à la douleur, et pourrait même diminuer l’effet des récepteurs de l’homéostasie (le parfait état) du corps, les empêchant de tout mettre en œuvre pour rétablir le bon fonctionnement du corps !

Enfin, une méta-analyse de 2012 a établi chez un panel de presque 6 800 personnes que refouler ses émotions augmentait les risques d’hypertension artérielle ou même de cancer. Mais encore une fois, il faut recherche la voie du milieu : notre méta-analyse a également une nouvelle fois montré trop s’énerver augmente le risque de maladies coronariennes, qui sont elles aussi de sacrés ennuis, pour rester poli. D’ailleurs quand on voit Hulk, on se dit qu’il ne doit pas être en grande forme.

La solution reste donc de laisser toutes ses émotions briller ! Alors, s’il le faut, n’hésitez pas à pousser un « coup de gueule »… mais pas trop longtemps, ou vous finirez avec le cœur brisé, au sens propre comme au figuré !

Cette chronique a été diffusée pour la première fois lors de l’émission Sciences pour Tous sur Radio Brume du 24 janvier 2016.

Cléo Schweyer

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